| topmi . |
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| La Mi-carême avait lieu le troisième jeudi après le mercredi des cendres journée qui marquait le début du carême. Plus tard, on y a ajouté dans certaines régions le troisième mercredi, et à certains endroits comme à Chéticamp en Nouvelle-Écosse ou à Fatima dans les Îles-de-la-Madeleine, la fête dure encore plus longtemps. À l'Île-du-Prince-Edouard, selon la région dans laquelle on habitait, la Mi-carême pouvait prendre différentes formes. À certains endroits, un membre de la famille, souvent la mère ou la grand-mère, se déguisait et présentait des friandises aux enfants de la maison. À d'autres endroits, c'est toute la jeunesse qui se déguisait et «passait les maisons» pour amuser les gens. Pour d'autres, c'était tout simplement une journée où l'on se permettait quelques gâteries. | ||||||||||||
| .Les enfants avaient peur de la Mi-carême.
C'était un personnage effrayant. Parfois, elle allait se cacher en attendant qu'ils
arrivent de l'école afin de les surprendre. Il y a d'autres Mi-carêmes qui
essayaient d'enlever les enfants qui n'avaient pas été sages, mais encore, ce n'était
que pour leur faire peur. Lorsque la Mi-carême arrivait, les enfants devaient l'approcher un à un pour chercher leurs gâteries. Parfois, si elle n'avait pas de bonbons ou de la tire, elle donnait des pommes, des œufs cuits durs (qu'on mangeait rarement pendant le carême), des biscuits et des cacahouètes. Afin que les enfants ne reconnaissent pas les biscuits de leur mère, elle les faisait beaucoup plus gros que d'habitude. Ce ne sont pas tous les enfants qui recevaient des bonbons. Ceux qui n'avaient pas été sages pouvaient être très déçus de leur cadeau. Certains recevaient des patates crues ou des queues de harengs. On disait aussi fréquemment à ces enfants pendant l'année que la Mi-carême viendrait les chercher s'ils n'étaient pas sages. |
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| C'était rare que la Mi-carême donnait de tels cadeaux aux adultes, car c'était surtout une journée consacrée aux enfants. Il y avait même des villages où la Mi-carême faisait un voyage spécial à l'école à la demande des professeurs. C'était toujours les parents qui fournissaient la nourriture. | ||||||||||||
.Les Mi-carêmes: Un groupe pour s'amuser. |
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| On pouvait aussi passer la Mi-carême en
groupe. On s'habillait de vieux vêtements ou de draps, et on se cachait le visage
afin de ne pas se faire reconnaître. Pour faire différent, les garçons se
déguisaient parfois en fille, et les filles en garçon. Il n'y avait pas de
costumes élaborés, comme à l'Halloween aujourd'hui. On se contentait de faire
quelques trous dans un vieux bas pour faire les yeux et la bouche du masque. Ces
Mi-carêmes portaient aussi des bâtons, pour empêcher les gens de les démasquer et pour
jouer des tours. C'était plus facile de trouver l'identité de ceux qui visitaient en groupe, car on circulait surtout avec ses amis, et les gens finissaient par en identifier un pour ensuite déduire qui étaient les autres. C'est pour ça que certains préféraient passer la Mi-carême tout seul. Les hôtes leur posaient des questions comme «D'où viens-tu ?», afin de les identifier. En changeant leurs voix, les Mi-carêmes répondaient qu'ils venaient de la paroisse voisine ou des «eux pays». |
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| En entrant dans la maison, les visiteurs qui avaient souvent une «musique
à bouche» ou un autre instrument de musique frappaient du pied, mais on leur demandait
souvent de faire quelques pas de gigue. Parfois, on pouvait reconnaître l'identité
d'une Mi-carême rien qu'en regardant la façon dont elle dansait. Dans certains
endroits, dès que les hôtes avaient reconnu la personne, elle devait se
démasquer. Même si on ne devinait pas qui ils étaient, les Mi-carêmes se
démasquaient habituellement avant leur départ afin de montrer aux gens qu'elles avaient
bien réussi leur jeu. La partie la plus amusante de cette coutume était de
réussir à tromper ses voisins. C'était un temps idéal pour faire des folies.
D'ailleurs, le but de cette fête était de s'amuser et de faire une pause pendant ces
quarante jours de pénitence. Les gens avaient rarement des sucreries à la maison pendant le carême, alors les Mi-carêmes ne s'attendaient pas à recevoir des bonbons pour leur spectacle. Parfois, on amassait des aliments pour les pauvres, comme à la Chandeleur. Lorsque l'on passait pour faire la charité, c'était mieux de passer en groupe; ainsi les gens réussissaient plus facilement à identifier les personnes à qui ils avaient affaire. |
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.Les Mi-carêmes plus modernes. |
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| Jusque dans les années 1980, on passait encore parfois dans les maisons,
mais on fêtait surtout la Mi-carême par un souper ou une soirée communautaire.
Dans la région de Tignish, des membres de Jeunesse Acadienne «passaient les maisons»
des membres du Club Ti-Pa qui avaient des enfants de douze ans et moins, ainsi que dans
les résidences des membres plus âgés de l'organisme. On faisait aussi des danses
de la Mi-carême dans cette région. À quelques reprises dans les diverses régions, on organisait des soirées où l'on pouvait se déguiser et se voir mériter le prix du meilleur costume. Ce n'était plus comme les Mi-carêmes d'autrefois. Les gens arrivaient maintenant parés de costumes plus compliqués et plus extravagants. On a aussi changé la journée choisie pour fêter la Mi-carême. Au lieu du jeudi ou du mercredi, on fêtait plutôt le dimanche. À certains endroits, dans la communauté acadienne, on célébrait toute la fin de semaine, en organisant des danses, des soirées de jeux, des spectacles et des repas spéciaux. |
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Sources : La Voix Acadienne, Summerside, éditions de 1976-1999.
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