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La Mi-carême

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La Mi-carême au club Ti-Pa
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La Mi-carême

Le carême est une période de quarante jours avant Pâques pendant laquelle, autrefois, c'était courant de jeûner et de faire des pénitences telles arrêter de manger des bonbons, cesser de fumer ou éviter de consommer des boissons alcoolisées.  Les jours gras et en particulier le Mardi Gras étaient une façon de fêter et de profiter des derniers jours avant le carême, mais dans presque toutes les régions francophones des Maritimes et du Québec, on «cassait» le carême, pour une période pouvant aller d'un jour jusqu'à une semaine : c'était la Mi-carême.

La Mi-carême avait lieu le troisième jeudi après le mercredi des cendres journée qui marquait le début du carême.  Plus tard, on y a ajouté dans certaines régions le troisième mercredi, et à certains endroits comme à Chéticamp en Nouvelle-Écosse ou à Fatima dans les Îles-de-la-Madeleine, la fête dure encore plus longtemps. À l'Île-du-Prince-Edouard, selon la région dans laquelle on habitait, la Mi-carême pouvait prendre différentes formes.  À certains endroits, un membre de la famille, souvent la mère ou la grand-mère, se déguisait et présentait des friandises aux enfants de la maison.  À d'autres endroits, c'est toute la jeunesse qui se déguisait et «passait les maisons» pour amuser les gens.  Pour d'autres, c'était tout simplement une journée où l'on se permettait quelques gâteries.

La Mi-carême:
Un personnage pour faire peur !
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La Mi-carême, personnifiée par une personne, arrivait tôt dans la soirée.  Elle était habillée en guenilles, soit avec un drap ou une couverture qui lui cachait le corps et le visage, ou de vieux vêtements, comme une robe ou un gros manteau emprunté ici et là afin que les enfants ne puissent la reconnaître par son habillement.  Elle portait une canne avec laquelle elle cognait aux portes et avec laquelle elle pouvait aussi taper les doigts de ceux qui voulaient la démasquer ou prendre des bonbons avant leur tour.
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..... La Mi-carême à Abram-Village
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.Les enfants avaient peur de la Mi-carême. C'était un personnage effrayant.  Parfois, elle allait se cacher en attendant qu'ils arrivent de l'école afin de les surprendre.  Il y a d'autres Mi-carêmes qui essayaient d'enlever les enfants qui n'avaient pas été sages, mais encore, ce n'était que pour leur faire peur.

Lorsque la Mi-carême arrivait, les enfants devaient l'approcher un à un pour chercher leurs gâteries.  Parfois, si elle n'avait pas de bonbons ou de la tire, elle donnait des pommes, des œufs cuits durs (qu'on mangeait rarement pendant le carême), des biscuits et des cacahouètes.  Afin que les enfants ne reconnaissent pas les biscuits de leur mère, elle les faisait beaucoup plus gros que d'habitude.

Ce ne sont pas tous les enfants qui recevaient des bonbons.  Ceux qui n'avaient pas été sages pouvaient être très déçus de leur cadeau. Certains recevaient des patates crues ou des queues de harengs.  On disait aussi fréquemment à ces enfants pendant l'année que la Mi-carême viendrait les chercher s'ils n'étaient pas sages.
La Mi-carême à Tignish
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...... Lorsque la Mi-carême s'en allait, on ne devait pas la regarder partir: ça portait malheur.  Il fallait fixer les yeux au sol et ne pas regarder dans quelle direction elle s'en allait.  Il ne fallait pas regarder ses pieds non plus.  On disait alors que la Mi-carême ne reviendrait pas donner des bonbons l'année suivante.

Même si c'était le carême, on permettait aux enfants de manger leurs friandises, à condition de les finir avant minuit.  Sinon, on devait attendre à Pâques, car la Mi-carême était la seule période pendant les quarante jours de pénitences durant laquelle on avait la permission de manger des sucreries.
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C'était rare que la Mi-carême donnait de tels cadeaux aux adultes, car c'était surtout une journée consacrée aux enfants.  Il y avait même des villages où la Mi-carême faisait un voyage spécial à l'école à la demande des professeurs.  C'était toujours les parents qui fournissaient la nourriture.

.Les Mi-carêmes: Un groupe pour s'amuser.

On pouvait aussi passer la Mi-carême en groupe.  On s'habillait de vieux vêtements ou de draps, et on se cachait le visage afin de ne pas se faire reconnaître.  Pour faire différent, les garçons se déguisaient parfois en fille, et les filles en garçon.  Il n'y avait pas de costumes élaborés, comme à l'Halloween aujourd'hui.  On se contentait de faire quelques trous dans un vieux bas pour faire les yeux et la bouche du masque.  Ces Mi-carêmes portaient aussi des bâtons, pour empêcher les gens de les démasquer et pour jouer des tours.

C'était plus facile de trouver l'identité de ceux qui visitaient en groupe, car on circulait surtout avec ses amis, et les gens finissaient par en identifier un pour ensuite déduire qui étaient les autres.  C'est pour ça que certains préféraient passer la Mi-carême tout seul.  Les hôtes leur posaient des questions comme «D'où viens-tu ?», afin de les identifier.  En changeant leurs voix, les Mi-carêmes répondaient qu'ils venaient de la paroisse voisine ou des «eux pays».
.La Mi-carême visite Abram-Village
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En entrant dans la maison, les visiteurs qui avaient souvent une «musique à bouche» ou un autre instrument de musique frappaient du pied, mais on leur demandait souvent de faire quelques pas de gigue.  Parfois, on pouvait reconnaître l'identité d'une Mi-carême rien qu'en regardant la façon dont elle dansait.  Dans certains endroits, dès que les hôtes avaient reconnu la personne, elle devait se démasquer.  Même si on ne devinait pas qui ils étaient, les Mi-carêmes se démasquaient habituellement avant leur départ afin de montrer aux gens qu'elles avaient bien réussi leur jeu.  La partie la plus amusante de cette coutume était de réussir à tromper ses voisins. C'était un temps idéal pour faire des folies.  D'ailleurs, le but de cette fête était de s'amuser et de faire une pause pendant ces quarante jours de pénitence. 

Les gens avaient rarement des sucreries à la maison pendant le carême, alors les Mi-carêmes ne s'attendaient pas à recevoir des bonbons pour leur spectacle.  Parfois, on amassait des aliments pour les pauvres, comme à la Chandeleur.  Lorsque l'on passait pour faire la charité, c'était mieux de passer  en groupe; ainsi les gens réussissaient plus facilement à identifier les personnes à qui ils avaient affaire.

.Les Mi-carêmes plus modernes.

Jusque dans les années 1980, on passait encore parfois dans les maisons, mais on fêtait surtout la Mi-carême par un souper ou une soirée communautaire.  Dans la région de Tignish, des membres de Jeunesse Acadienne «passaient les maisons» des membres du Club Ti-Pa qui avaient des enfants de douze ans et moins, ainsi que dans les résidences des membres plus âgés de l'organisme.  On faisait aussi des danses de la Mi-carême dans cette région.

À quelques reprises dans les diverses régions, on organisait des soirées où l'on pouvait se déguiser et se voir mériter le prix du meilleur costume.  Ce n'était plus comme les Mi-carêmes d'autrefois.  Les gens arrivaient maintenant parés de costumes plus compliqués et plus extravagants.

On a aussi changé la journée choisie pour fêter la Mi-carême.  Au lieu du jeudi ou du mercredi, on fêtait plutôt le dimanche.  À certains endroits, dans la communauté acadienne, on célébrait toute la fin de semaine, en organisant des danses, des soirées de jeux, des spectacles et des repas spéciaux.
.Puisque le carême est devenu beaucoup moins strict qu'autrefois, peu de gens vont jeûner ou faire des pénitences.  C'est pour cela que les célébrations de la Mi-carême sont plus rares de nos jours, car on se permet de fêter en tout temps. Toutefois, en 1999, à Baie-Egmont, dans la région Évangéline, on organise toujours des soupers de la Mi-carême à la salle paroissiale où l'on sert des mets acadiens comme fricot, râpure et pâté.  Il y a encore des gens qui vont faire de la tire le jour de la Mi-carême, ou qui organisent dans leur famille un gros repas pour le souper, afin de se rappeler les coutumes d'autrefois.. Les personnes se régalent de mets acadiens
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Sources :
ARSENAULT, Georges. « La Mi-Carême ». The Island Magazine, Spring-Summer 1981, no. 9, ill.

La Voix Acadienne, Summerside, éditions de 1976-1999.

 

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