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PROJET DE TÉLÉCOMMUNAUTÉ INSULAIRE FRANCOPHONE

APERÇU DES RÉALISATIONS ET PLANIFICATION DES PROCHAINES ÉTAPES

Document présenté au :

Comité provincial de développement des ressources humaines de la francophonie insulaire

Par :

La Société éducative de l’Île-du-Prince-Édouard

Wellington (Île-du-Prince-Édouard)

 

Mise en contexte
Description du projet
Principal intervenant
État des principales réalisations
Prochaines étapes
Projets à court terme
Projets à moyen terme
   

MISE EN CONTEXTE

Le but de ce document est de donner au Comité provincial de développement des ressources humaines de la francophonie insulaire, un aperçu des réalisations effectuées depuis le début de la mise en oeuvre du Projet télécommunauté insulaire francophone. Le document vise également à informer le comité des projets à court et à moyen termes qui seront mis de l’avant dans le cadre du Projet télécommunauté et qui ont un intérêt particulier pour le comité, soit l’économie du savoir et le développement des ressources humaines. En particulier, notons la création de trois nouvelles entités : un centre d’incubation technologique, un comité de mentorat et une entreprise de services en incubation.

L’éducation et l’économie sont au coeur du développement de toute communauté. À l’aube du XXIe siècle, les méthodes traditionnelles de développement communautaire utilisées pour ces deux secteurs doivent désormais inclure les Nouvelles technologies de l’information et des communications (NTIC). En effet, les nombreux développements technologiques tels que l’informatique, l’inforoute et les méthodes sophistiquées de production et de commercialisation ont transformé l’économie mondiale. Nous évoluons maintenant dans une économie du savoir où les connaissances forment la richesse des communautés. Dans cette optique, il est donc important de développer une économie locale, régionale et provinciale qui va pouvoir s’ajuster aux multiples transformations que va subir la structure de l’économie canadienne et mondiale au cours des prochaines années. Il est évident que la création d’entreprises, l’éducation et la formation, et l’utilisation de moyens innovateurs de développement économique constituent des atouts importants; l’intégration et l’exploitation de la technologie dans ces secteurs peut assurer un développement économique durable.

Au cours des dernières années, la communauté francophone et acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard a identifié ses principaux besoins lors de diverses consultations et forums publics menés dans le cadre de la planification stratégique de la Société Saint-Thomas-d’Aquin. Entre autres, on y trouve des besoins en matière d’éducation et de formation, de développement économique, de tourisme et de technologie. En plus d’un besoin urgent pour une éducation permanente en français, de haute qualité et à la fine pointe de la technologie, la communauté reconnaît de façon spécifique les besoins suivants :

  • la création d'emplois de longue durée;
  • le branchement des cinq régions acadiennes insulaires à un réseau éducatif informatisé;
  • l'élaboration de banques de données qui répondent aux besoins de l’industrie;
  • le développement d'un outil d’information ponctuel.

Afin de répondre à ces besoins, la Société éducative de l’Île-du-Prince-Édouard, avec l’appui de la communauté acadienne, a pu initier au mois de novembre 1996, la mise en oeuvre du Projet télécommunauté insulaire francophone. Pour l’instant, le projet comporte trois axes prioritaires : la télé-éducation aux niveaux primaire, secondaire et postsecondaire, le développement économique et la prestation des services gouvernementaux. Essentiellement, il vise à mettre en place l’infrastructure pour la technologie et pour le développement des ressources humaines, dans le but de créer une communauté virtuelle francophone à l’Île-du-Prince-Édouard. Plus précisément, le projet veut établir des centres d’incubation virtuels afin de développer l’industrie des NTIC et plus particulièrement, des produits multimédias en français. À cet effet, notons qu’il existe un potentiel énorme de développement puisque la production de tels produits demeure relativement inexploitée et accuse un retard considérable comparé à la production de produits multimédias de langue anglaise. En fait, la majeure partie de la francophonie mondiale sera bientôt « branchée », mais il existe encore peu d’outils multimédias en français. Ce projet offre donc à la communauté francophone une possibilité de s’approprier d’un espace économique global, mais, étant donnée l’envergure du projet, nécessite entre autres un partenariat avec les gouvernements. Avec son intérêt particulier pour l’économie du savoir, la Société éducative de l’Île-du-Prince-Édouard est bien positionnée pour l’avancement de tels partenariats au sein de la communauté francophone insulaire.

Le 12 juin dernier, un partenariat communauté/gouvernement a pris effet, étant le premier de la sorte au Canada. Par l’entremise de cette entente, les parties ont établi un mécanisme de coopération visant deux principaux objectifs :

1. travailler en étroite collaboration avec la communauté acadienne pour favoriser son développement, entre autres, par la prestation de programmes et de services liés au marché du travail de cette communauté, et

2. stimuler et favoriser le développement de l’économie du savoir à l’intérieur de cette communauté.

 

L’entente tripartite, signée entre le ministère du Développement des ressources humaines Canada (DRHC), l’Agence de promotion économique du Canada atlantique (APÉCA), le gouvernement de l’Île-du-Prince-Édouard (représenté par le sous-ministre du ministère du Développement économique et du Tourisme et par la greffière du Conseil exécutif et la coprésidente provinciale du Partenariat sur l’économie du savoir) et la communauté acadienne et francophone de l’Île (représentée par le président de la Société Saint-Thomas-d’Aquin et par le président de la Société éducative de l’Île-du-Prince-Édouard), constitue le principal mécanisme de mise en oeuvre du Projet télécommunauté insulaire francophone.

La coordination des objectifs de l’entente est assurée par un comité conjoint appelé le Comité provincial de développement des ressources humaines de la francophonie insulaire.


DESCRIPTION DU PROJET

En partant du principe que les NTIC peuvent être un outil privilégié d’information et d’éducation pour le développement économique des communautés, le Projet télécommunauté insulaire francophone a comme objectif principal de favoriser le développement et l’épanouissement de la communauté acadienne et francophone de l’Île-du-Prince-Édouard, tout en créant une société du savoir où l’utilisation et l’exploitation de ces technologies sont courantes. La société du savoir n’est toutefois pas axée principalement sur la technologie mais sur les ressources humaines : le fait d'investir dans des programmes de formation et d'études générales, et d'encourager la création d’interactions sociales productives contribue au développement de marchés durables pour l’ensemble de la communauté.

En mettant en place l’infrastructure technologique et en développant les ressources humaines nécessaires, le Projet télécommunauté vise à :

  • augmenter l’employabilité des Acadiens de l’Î.-P.-É .;
  • munir les Acadiens insulaires de connaissances avancées en NTIC;
  • améliorer la qualité des services gouvernementaux en français;
  • resserrer les liens entre les cinq regroupements francophones de l’Île;
  • augmenter l’échange de connaissances et d’informations à l’intérieur de la communauté; et
  • donner, à la communauté, accès au monde extérieur sans qu'elle ait nécessairement besoin de se déplacer.

Le plan stratégique du Projet télécommunauté insulaire a été complété en juin 1997 et compte les sept priorités stratégiques que voici :

  1. Embaucher des personnes ressources, y compris des contractuels, pour mettre sur pied et démarrer la télécommunauté insulaire francophone;
  2. Doter la communauté acadienne et francophone de l’Île-du-Prince-Édouard d’un réseau en télécommunications reliant les régions acadiennes et francophones en une communauté virtuelle ou en une télécommunauté;
  3. Développer une culture axée sur le savoir dans la communauté acadienne et francophone en exploitant le concept de la télécommunauté;
  4. Doter la communauté acadienne et francophone d’un mécanisme innovateur et efficace pour le développement communautaire;
  5. Permettre à tous les Acadiens, Acadiennes et francophones de l’Île-du-Prince-Édouard d'avoir accès à la formation et à l’enseignement à distance;
  6. Développer l’industrie de la technologie de l’information en encourageant la création de produits multimédias en français, ce qui donnerait accès à un marché mondial auparavant inaccessible;
  7. Améliorer la qualité et la quantité des programmes et services gouvernementaux en français qui sont à la disposition de la population acadienne et francophone de l’Île-du-Prince-Édouard.

La Société éducative de l’Île-du-Prince-Édouard, avec ses alliés stratégiques, compte terminer la mise en oeuvre de ces priorités en l’an 2000.


PRINCIPAL INTERVENANT

La Société éducative de l’Île-du-Prince-Édouard est le principal intervenant pour la mise en oeuvre du Projet télécommunauté insulaire francophone. Située à Wellington, la Société éducative est un organisme sans but lucratif qui a un mandat provincial. Elle regroupe des représentants d’associations à vocation économique, éducationnelle et communautaire qui visent à assurer l’excellence dans un processus continu de l’acquisition du savoir, au sein de la population acadienne et francophone de l’Île-du-Prince-Édouard. Depuis sa création en 1992, la Société éducative s’est toujours intéressée au potentiel des nouvelles technologies comme outils de développement et créatrices d’emplois. La programmation offerte par son Centre provincial de formation pour adultes est axée sur les besoins des clients et les tendances du marché du travail. Les moyens privilégiés pour dispenser de la formation sont l’éducation à distance, le réseautage, les partenaires et les NTIC.

Dans la mise en oeuvre du Projet télécommunauté insulaire francophone, la Société éducative est appuyée par le Regroupement communautaire des nouvelles technologies de l’information et des communications (RCNTIC) qui joue un rôle consultatif. Ce regroupement est composé de plusieurs représentants sectoriels intéressés à l’exploitation des NTIC dans la langue française.

La société du savoir est constituée de nouvelles interactions sociales dynamiques comme des communautés d’intérêts, des alliances stratégiques et des partenariats publics-privés qui contribuent à établir des réseaux de collaboration et aident les communautés à devenir auto-suffisantes. Dans cet esprit, la Société éducative a établi un partenariat avec plusieurs organismes communautaires et privés pour la mise en oeuvre de la télécommunauté. Le degré du partenariat varie selon la nature du partenariat. Les principaux partenaires sont :

  • La Société de développement de la Baie acadienne
  • La Commission scolaire de langue française
  • La Société Saint-Thomas-d’Aquin
  • Le Carrefour de l’Isle-Saint-Jean
  • Le Conseil acadien de Rustico
  • L’Association touristique Évangéline
  • Jeunesse acadienne Ltée
  • Le Conseil Coop de l’Île-du-Prince-Édouard
  • L’Association des troubles d’apprentissage
  • La Caisse populaire Évangéline
  • Les founisseurs en service de télécommunications
  • Internet Trois-Rivières
  • E-Com


ÉTAT DES PRINCIPALES RÉALISATIONS

L’événement marquant du début de l’intégration des NTIC dans la communauté francophone insulaire a sans doute été l’ouverture du Café Internet en février 1996. Le premier de la sorte au Canada atlantique, le Café Internet a été ouvert à Wellington par la Société éducative de l’Île-du-Prince-Édouard, grâce à l’appui financier du programme d’accès communautaire d’Industrie Canada.

Cette initiative a, en effet déclenché un processus de réflexion et de développement exceptionnel au sein de la communauté acadienne et francophone de l’Î.-P.-É. Plusieurs projets de développement des NTIC ont été réalisés. Voici les principaux :

  • Une trentaine de personnes de la communauté acadienne et francophone insulaire ont reçu, depuis mars 1997, une formation initiale en production multimédia au Centre provincial de formation pour adultes à Wellington.
  • Un premier centre d’incubation technologique a été établit en mars 1997 au Centre provincial de formation pour adultes à Wellington par la Société éducative de l’Île-du-Prince-Édouard, en partenariat avec la Société de développement de la Baie acadienne, et un autre Centre ouvrira bientôt ses portes à Charlottetown. Le centre de Wellington a déjà produit plusieurs produits multimédias en français. Entre autres, deux contrats du ministère des Anciens combattants ont été octroyés au centre : le premier consistait à produire un site Web utilisant une technologie de la réalité pour commémorer le 80e anniversaire de la capture du Site de Vimy pendant la Première Guerre mondiale et le deuxième consiste à développer une base de données interactives sur le Web contenant les profils des morts de guerres canadiens (environ 110 000 profils). Le centre pourrait bientôt bénéficier d’un autre projet, soit le développement d'une base de données semblable contenant les profils des morts de guerre pour l’ensemble des pays du Commonwealth (1,2 millions de profils).
  • Quatre entreprises en NTIC sont en incubation depuis mars 1997 dans le centre d’incubation virtuel de Wellington.
  • Un plan conjoint d’intégration des nouvelles technologies d’apprentissage est en train d’être préparé par la Société éducative de l’Île-du-Prince-Édouard, la Commission scolaire de langue française et le ministère de l’Éducation. Ce plan veut mener à l’intégration de l’innovation technologique dans l’ensemble du milieu scolaire et postsecondaire francophone de l’Île.
  • Une entente préliminaire a été conclue avec Island Tel et le ministère de l’Éducation pour l’établissement d’un projet pilote de Télé-éducation médiatisé aux niveaux primaires et secondaires, en se servant du nouveau réseau à bandes très larges ATM.
  • La région de Rustico a reçu un projet d’accès communautaire d’Industrie Canada. La mise en œuvre de ce projet d’infracstructure technologique est en voie de réalisation.


PROCHAINES ÉTAPES

Cette section contient deux types de tableaux, l’un décrivant les projets prévus à court terme et l’autre décrivant les projets prévus à moyen terme, selon les priorités du plan stratégique du Projet Télécommunauté insulaire francophone. En ce qui concerne les projets à court terme, notons que la Société éducative de l’Île-du-Prince-Édouard, en partenariat avec la Société de développement de la Baie acadienne, la Société Saint-Thomas-d’Aquin et la Commission scolaire de langue française, portera une attention particulière à quatre projets : l’étude de faisabilité d’un Centre de technologie avancé, l’établissement d’un deuxième Centre d’incubation technologique à Charlottetown, la création d’un Comité de mentorat et la mise sur pied d’une entreprise de services d’incubation en NTIC. Grâce à une stratégie de développement des ressources humaines cohérente en NTIC, ces entités pourront faciliter la création de nouvelles entreprises en NTIC, qui à leur tour, contribueront énormément au développement de l'économie du savoir insulaire.


PROJETS À COURT TERME (D’ici le 31 mars 1998)

1. Entreprendre une étude de faisabilité pour l’établissement d’un centre de technologie avancée.

  • Une demande de financement pour l’étude doit être envoyée sous peu à l’APÉCA (environ 8 000 $).
  • (La création d’un modèle semblable à Sydney au Cap-Breton été annoncée dernièrement.)

- Société éducative de l’Î.-P.-É.
- Société de développement de la Baie acadienne


2. Mettre sur pied une entreprise à but non lucratif pour offrir des services d’incubation aux entreprises en NTIC.

  • Le plan d’affaires est en voie de préparation.

- Société éducative de l’Î.-P.-É.
- Société de développement de la Baie acadienne
- Commission scolaire de langue française


3. Établir un deuxième Centre d’incubation technologique à Charlottetown

  • Ce projet se réalisera dans le cadre de la livraison de la formation initiale et continue en production multimédia cet automne.

- Société éducative de l’Î.-P.-É .
- Société de développement de la Baie acadienne
- Société Saint-Thomas-d’Aquin


4. Offrir une programmation en formation initiale et continue en production multimédia à Wellington et à Charlottetown.

  • La programmation a été développée au cours des dernières semaines. Le financement est assuré par DRHC.

- Société éducative de l’Î.-P.-É.
- Société de développement de la Baie acadienne
- Société Saint-Thomas-d’Aquin


5. Faire les contacts nécessaires pour l’établissement d’un comité de mentorat formé de gestionnaires de programmes des gouvernements provincial et fédéral et de gens du secteur privé, qui s’intéressent au secteur des NTIC et à l’économie du savoir.

  • Ce projet a déjà été discuté lors de la dernière rencontre du Comité des opérations de l’Entente tripartite.

- Société éducative de l’Î.-P.-É .
- Société de développement de la Baie acadienne
- Société Saint-Thomas-d’Aquin


6. Obtenir du financement pour une étude sur l’infrastructure requise pour équiper les partenaires de la Société éducative. (p.ex. SSTA, Jeunesse acadienne, etc.)

  • Ce projet aurait pour but de resserrer les liens entre les régions par l’entremise des organismes provinciaux et régionaux.

- Société éducative de l’Î.-P.-É.
- Société Saint-Thomas-d’Aquin


7. Obtenir du financement pour l'élaboration d'un plan de communication communautaire pour permettre à la communauté de réaliser certaines de ses activités.

  • Entre autres, ce plan viserait à sensibiliser les divers organismes communautaires de toutes les régions acadiennes de l’Île des mérites et des avantages d’intégrer les NTIC dans l’éxécution de certaines de leurs tâches.

- Société éducative de l’Î.-P.-É.
- Société de développement de la Baie acadienne
- Société Saint-Thomas-d’Aquin


PROJETS À MOYEN TERME (D’ici le 31 mars 1999)

1. Obtenir du financement pour l’élaboration d’une étude des besoins en formation des adultes francophones de l’Île-du-Prince-Édouard.

  • Une telle étude financée par DRHC a déjà été préparée en juillet 1995. Cependant, cette étude très générale n’adresse pas en profondeur les besoins spécifiques de formation de la communauté.
  • De plus, les besoins en formation prennent une nouvelle envergure avec la mise en oeuvre du Projet télécommunauté.

- Société éducative de l’Î.-P.-É.
- DRHC
- Société Saint-Thomas-d’Aquin


2. Obtenir du financement pour développer une stratégie d’alphabétisation pour offrir une formation qui intègre à la fois les NTIC et l’alphabétisation.

  • Ce projet s’adonne bien avec les priorités du plan stratégique et du plan d’action provincial de la communauté acadienne et francophone de l’Île.

- Société éducative de l’Î.-P.-É.
- Société Saint-Thomas-d’Aquin


3. Développer et mettre sur pied un projet pilote pour la prestation des services gouvernementaux.

  • Principalement, ce projet viserait à développer un réseau Intranet pour que les gouvernements fédéral et provincial puissent desservir la communauté francophone en français.

- Société éducative de l’Î.-P.-É.
- APÉCA
- Min. du Développement économique et du Tourisme
- DRHC
- Partenaires dans l’économie du savoir
- Société Saint-Thomas-d’Aquin
- Société de développement de la Baie acadienne


4. Développer une banque de données des spécialistes en NTIC pour que les entreprises en incubation en NTIC puissent y avoir accès.

- Société éducative de l’Î.-P.-É.